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Guy Ligier (1930-2015)


Bien sûr, Ligier avait aussi des sponsors... français, bien sûr. La danseuse flamande des Gitanes était plus française que le croissant, et se détachait merveilleusement sur le bleu des voitures. La flamboyante Ligier JS5 de 1976 - avec son moteur V12 Matra tonitruant - n'aurait pas été aussi accrocheuse sans cette sulfureuse silhouette noire sur le côté de l'énorme prise d'air.

Les techniciens étaient aussi plus français que la Tour Eiffel, avec Gérard Ducarouge et Michel Tétu à la barre.


Et les pilotes... les pilotes de Ligier étaient - pour la plupart - aussi français que Louis de Funès. Un surtout, Jacques Laffite, pilote Ligier de 1976 à 1982 - les trois premières années, seul - et en 1985 et 1986, où sa carrière en F1 s'est arrêtée brutalement lorsqu'il s'est cassé les jambes au premier départ du GP de Grande-Bretagne à Brands Hatch, le jour où il a égalé le record de Graham Hill (176 Grands Prix).

La signature suivante de Ligier est Patrick Depailler, suivi de Didier Pironi, Jean-Pierre Jarier, René Arnoux... jusqu'au prometteur Olivier Panis, qui fait ses débuts en F1 avec Ligier et donne son dernier jour de gloire à l'équipe, lors du GP de Monaco 1996.

Mais à cette époque, Ligier n'est plus le patron de l'équipe qui porte son nom. En 1992, il la cède à Cyril de Rouvre, ancien propriétaire d'AGS, puis à Flavio Briatore, et en 1997, l'équipe change de nom avec l'arrivée du quadruple champion du monde Alain Prost comme propriétaire.

Entre les années 1970 et 1980, Ligier était une équipe très respectable, avec huit victoires, dont six grâce à Laffite.

Guy Ligier a commencé à travailler comme apprenti boucher, puis est devenu entrepreneur de travaux publics, et entre les deux, il était un grand sportif. A 17 ans, il est champion de France d'aviron, sport qu'il combine avec le rugby, et à 19 ans, champion de France 500cc.


En 1963, il passe aux voitures, avec son grand ami Jo Schlesser. Ils avaient l'habitude de dire qu'ils conduisaient des "cercueils sur roues", et c'est peut-être pour cela que leur rêve était de construire leur propre voiture de course. Ils ont créé une petite entreprise, mais Schlesser a été tué lors de ses débuts en F1 avec Honda au GP de France 1968 à Rouen, et Guy a alors abandonné sa carrière de pilote, qui l'avait déjà mené jusqu'en F1.

Au Salon de l'automobile de Paris 1969, Ligier présente la berline JS1 (l'acronyme est un hommage à son ami décédé), et en 1976 arrive la JS5 susmentionnée, avec laquelle l'équipe Ligier fait ses débuts en F1.

Entre les années 70 et 80, Ligier était une équipe très respectable, avec huit victoires - dont six grâce à Laffite -, neuf pole positions et onze meilleurs tours en course. L'ère du turbo, au milieu des années 80, a commencé à accélérer le déclin de l'équipe, qui a connu un dernier éclat de gloire lors de l'extraordinaire GP de Monaco en 1996.

Ligier a connu l'apogée de son prestige et de son influence au début des années 1980, lorsque François Mitterrand est devenu président de la République. Ligier - dit Max Mosley dans ses mémoires - était un ami fidèle, et avait été le chauffeur et le garde du corps de l'homme politique français au début des années 60, lorsque le futur président était au plus bas.


L'influence de Ligier a été décisive dans le déplacement du GP de France du Paul Ricard au Magny-Cours remodelé en 1991. Bien sûr, le Musée Ligier est situé dans un joli bâtiment en forme de pyramide au Circuit de Nevers.

Dans ce musée, on nous explique qu'il n'existe pas un seul exemplaire de cette voiture exceptionnelle avec la haute prise d'air avec laquelle Ligier a été introduite en F1.

Il n'y a plus non plus d'équipes - ou de patrons - comme Guy Ligier. Français comme le champagne qu'il a si souvent goûté.



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